Le Wado-Ryu : l'histoire de notre style

Grand Maître Otsuka II, lors d'une interview réalisée à Tokyo en 1987 par Gérard Guégan.
L'origine du nom
Le style "Wado-Ryu" tire son nom d'une philosophie en deux caractères :
- WA (和) — l'harmonie : créer un esprit d'entente entre tous les éléments de la terre, la nature, les créatures vivantes et les forces divines.
- DO (道) — la voie : le chemin qui permet de suivre et d'appliquer cet idéal d'harmonie.
Les arts martiaux doivent servir la paix — ils en sont le chemin. Le karatéka y parvient par l'emploi naturel de ses techniques et par sa force intérieure : le Wa no Michi (la voie de l'harmonie), contracté en Wado.

Le message du "Wa"
C'est une démarche spirituelle : comment vivre en paix en suivant son esprit, à travers trois grands principes d'harmonie avec l'immensité :
Le "Wa", c'est le souffle du vent, la rivière qui trace son cours et s'adapte aux obstacles rencontrés, même les rochers — la fluidité qui s'adapte. Le Wado-Ryu ne doit pas être pratiqué seulement pour le bien-être personnel, mais en harmonie avec tous les éléments de l'univers.
Un karaté différent : plus souple, plus fluide
Contrairement à d'autres styles d'arts martiaux, le Wado-Ryu n'est pas violent. Son entraînement physique, non traumatisant, permet à ses disciples de le pratiquer toute leur vie. Au Japon, le style rassemble autant de jeunes que de pratiquants de plus de 50 ans qui, en parallèle de responsabilités professionnelles importantes, s'entraînent régulièrement.
Sa très grande variété de techniques permet de toujours progresser, quel que soit son niveau.
Une recherche technique permanente
Toute sa vie, Hironori Otsuka a travaillé à la recherche de nouvelles techniques, les déclinant à l'infini et codifiant chaque mouvement — une méthode bien plus explicative que dans d'autres styles, où la recherche se limite aux techniques de base et aux katas. Les pratiquants du Wado-Ryu apprennent ainsi davantage de mouvements et sont mieux guidés dans leur progression, avec des techniques de pied et de poing plus complètes qu'ailleurs.
Les exercices à deux, grande spécificité du style, sont nombreux et extrêmement codifiés. Parmi eux, la défense au sabre : un exercice particulièrement difficile et spectaculaire, où la présence de la lame d'acier n'accorde aucun droit à l'erreur.
Parmi les quatre styles les plus pratiqués au Japon (Wado-Ryu, Goju-Ryu, Shito-Ryu, Shotokan), le Wado-Ryu développe chez ses pratiquants une force de concentration qui leur permet de prendre la bonne décision au bon moment — ce qui lui vaut une place de choix chez les universitaires, où il reste le style le plus pratiqué.

Hironori Otsuka : une vie dédiée au karaté
Notre hommage à Maître Hiroji Fukazawa

Le nom de notre dojo, Fukazawa Budokan, n'est pas un hasard : notre club s'est construit pendant de nombreuses années sous l'influence directe de Maître Hiroji Fukazawa, l'un des plus grands représentants du Wado-Ryu en Europe, et ce jusqu'à son décès en 2010.
Né le 26 juillet 1949 à Shizuoka, au pied du Mont Fuji, Hiroji Fukazawa débute les arts martiaux par le Kendo puis le Judo, avant de se consacrer entièrement au karaté dès l'âge de 14 ans. Formé au dojo du Maître Inoué puis au Yoseikan dojo auprès du Maître Minoru Mochizuki, il y pratique le karaté ainsi que l'Aïki Jutsu, l'Aïkido et le Katori Shinto-Ryu.
En 1974, à seulement 25 ans, Minoru Mochizuki l'envoie en France pour assister son fils Hiroo Mochizuki, puis deux ans en Italie pour y implanter le style Wado-Ryu. De retour en France, il poursuit son enseignement, notamment aux côtés de Tatsuo Suzuki (1928-2011), installé au Royaume-Uni.
Maître Fukazawa devient l'un des plus grands représentants du Wado-Ryu dans le monde : directeur technique européen à la Wado International Karate-Do Federation, et expert à la Fédération Française de Karaté. Il enseigne au Shizuoka Wado Club pendant plus de vingt ans, avant de nous quitter en juin 2010.
De nombreux élèves, dont notre club, continuent aujourd'hui de transmettre son enseignement.
